Digital InPulse : douze ans à propulser les startups françaises vers la Chine et il ne reste que quelques jours pour rejoindre l’aventure

Le concours national de Huawei France ouvre ses dernières candidatures. Depuis 2014, plus d’une centaine de startups sont passées par ce tremplin. En 2026, c’est la mobilité intelligente qui est à l’honneur.

Il y a des programmes qu’on regarde de loin en se disant « l’année prochaine, peut-être ». Et puis il y a ceux où l’on regrette de ne pas avoir candidaté quand c’était le moment. Digital InPulse fait partie de la seconde catégorie. Lancé en 2014 par Huawei France l’année même où la France créait le label French Tech, ce concours national n’a pas manqué une seule édition depuis. Douze ans plus tard, le bilan parle de lui-même : plus d’une centaine de startups accompagnées, près de 3 millions d’euros de dotations cumulées, et un réseau d’alumni qui ressemble à un annuaire de la tech française. Dataiku, devenue l’une des licornes tricolores de l’IA, est passée par là. Tout comme Papkot, la startup strasbourgeoise qui a inventé un enduit rendant le papier aussi résistant que la céramique tout en restant biodégradable. Ou encore Greenly, Meersens, Ubudu, Safehear, Grapheal…

Chaque année, un nouveau terrain de jeu

Ce qui rend Digital InPulse singulier dans le paysage des concours startup, c’est son renouvellement permanent. Chaque édition explore une thématique différente, au rythme des mutations technologiques et sociétales. Le Big Data a ouvert le bal, suivi par l’Internet des objets, la mobilité du futur, le bien-être, la santé, la Green Tech, la Smart City, les territoires connectés… En 2024, c’est la culture et le divertissement qui étaient à l’honneur. En 2025, la compétitivité des entreprises et l’entrepreneuriat féminin. Pour 2026, le cap est mis sur la smart mobility : véhicules intelligents, électrification des transports, gestion du trafic urbain, solutions bas carbone, mobilité inclusive et accessible. Cette rotation thématique permet à Digital InPulse d’être en phase avec l’écosystème français et de toucher, d’une année sur l’autre, des communautés d’entrepreneurs très différentes.

Un concours national, une finale parisienne

L’édition 2026 marque un tournant dans le format. Le concours, organisé cette année en partenariat avec Maddyness, le média de référence de l’innovation en France, prend une dimension nationale. Plus question d’étapes régionales successives : toutes les startups françaises, quelle que soit leur localisation, candidatent sur dossier. Les dix meilleures seront invitées à une grande finale à Paris, à l’automne 2026.

 

Et c’est là que la magie opère. Ceux qui ont vécu les éditions précédentes le confirment : le moment des pitchs n’a rien d’un exercice froid et académique. C’est un moment de convivialité autant que de compétition. Les fondateurs défendent leur projet devant un jury composé de professionnels de l’innovation, d’experts sectoriels et détail qui change tout d’anciens lauréats. Des gens qui sont passés par là, qui connaissent le trac du pitch et la réalité du terrain chinois. L’échange est direct, les questions sont concrètes, et les rencontres qui se nouent dans les coulisses comptent parfois autant que le prix lui-même.

Le vrai prix : dix jours dans la Grande Baie

Cinq startups sortiront de cette finale avec un billet pour la Région de la Grande Baie, dans le sud de la Chine, en janvier 2027. Dix jours de voyage d’affaires dans une mégalopole cinq fois plus vaste que l’Île-de-France, qui relie neuf villes autour de Hong Kong, Shenzhen et Guangzhou l’un des épicentres mondiaux de l’innovation technologique.

Ce n’est ni une récompense honorifique, ni un voyage d’agrément. Les lauréats, accompagnés par les équipes de Huawei et accueillis par les CCI locales, enchaînent visites d’entreprises, rendez-vous d’affaires, sessions de networking avec des incubateurs, des grands groupes chinois et des acteurs français installés sur place. L’objectif : confronter sa solution à un marché de 86 millions d’habitants et revenir avec une vision claire des opportunités ou des ajustements à faire.

Antoine Kuhnast, fondateur de Safehear et lauréat 2022, résume l’expérience sans détour : il recommande aux candidats de ne pas écouter les préjugés sur la Chine et d’y aller les yeux ouverts. Son passage par Digital InPulse l’a convaincu au point de s’installer à Hong Kong en 2026.

Les candidatures ferment le 30 juin 2026. Il reste quelques jours. Pour une startup française qui travaille sur la mobilité intelligente au sens large, c’est le genre de fenêtre qui ne se rouvre pas avant un an. Et dans un an, la thématique aura changé.

 

Inscriptions : digitalinpulse2026.com